10-Voyages Célestes

14/11/2005

Salut les astrobsédés,


voici une espèce de CROA pas technique du tout et un sujet pas évident à mettre en ligne: le rêve.
J'ai hésité pendant près d'une semaine mais voilà, c'est lancé!

Mardi soir 8 novembre, je m'éclipse en catimini de l'atelier.
De toute façon un drink était prévu (fini le travail) mais comme j'avais remarqué un ciel prometteur durant ma pause clope...hop, direction terrasse et toit.
Petit passage au bistrot du coin pour un cappuccino bien serré et quémander une réserve de sucre et lait, que j'avais oublié d'acheter. La nuit sera longue, très longue!

Ma "petite saucisse piquante", Mégrez est bien visible à l'oeil nu.
A Bruxelles c'est déjà pas mal.
La Petite Ourse ne montre pas encore le timon mais ma vision nocturne n'est pas encore accommodée, plus tard dans la nuit il s'est montré, discret mais discernable, chose exceptionnelle ici en ville.

Deux envies pour ce soir: des bal(l)ades avec Biniou dans le space seat d'une part.
Et d'autre part, ahum, si le temps le permet, continuer l'étude plus systématique d'une région avec mon Igor modifié grand champ et p'tit Albert, Winstars au programme.
Igor rapidement misenstationné sur ses repères habituels, fallait chercher un autre endroit pour le space seat, vu que maintenant le toit de la cabine de réception GSM est balayé par la fumée d'une cheminée. Kof kof!
Une cabine d'ascenseur sur le toit voisin, cheminée en dessous du vent dominant: parfait!
Sauf qu'il y a double danger!
Le roofing est noir de noir sur fond noir deux mètres plus bas. Faudrait que je marque les bords de peinture jaune.
Et pour y accéder! Soit en passant devant la cabine GSM mais alors un spot d'une chiée considérable de Watts s'allume, soit par derrière: une corniche de 60 cm avec vue sur le vide de 6 étages, mémoires d'outre tombe...
Soyons sage, transport du matos par devant et une fois que c'est fait, mains libres et en équilibre, passage par l'arrière.

Me voilà bien installé, MAP oeil gauche oeil droit, une main pour préciser la visée et une petite impulsion du pied pour changer d'azimut. Avanti, andiamo per il viaggio, e viva la musica!
Je commence par l'ouest, souhaiter une bonne nuit à ceux qui vont se coucher.

Hercule fait signe d'au revoir avec le pied. L'assiette de couscous est déjà dans le lave-vaisselle.
Un peu plus haut, Véga, Albiréo et Altaïr s'apprètent à plonger. Deneb fait l'arbitre de son piedestal mais il est clair qu'Altaïr atteindra l'horizon en premier. Des immeubles levés près de la ligne d'arrivée m'obstruent la vue...tant pis.
le Cygne y va de son grand plongeon la tête la première.
Bye Albiréo, à+ Véga, arrivederci amore mie, belle del estate!

Cap plus haut, Céphée , Cassiopée. Des retrouvailles toujours aussi intenses que la première découverte.
Elles étaient alors de l'autre côté de Polaris, Cassiopée en W de Waow et maintenant en M de Mmmmmmh.
Suivant la légende, cette reine vaniteuse était condamnée à tourner autour du ciel, étant ainsi parfois la tête en bas, position jugée grotesque.
Sont fous ces anciens! Où est le haut, où est le bas? Cette constellation en 3 en M en E ou en W reste une de mes préférées!
Avec le grand champ de Biniou, en continuant le chemin de Segin vers Ruchbah, je tombe immanquablement sur NGC 457.
Je comprends GG qui parle de son hibou, il adore ces oiseaux chouettes, mais les autres...? mais dans les livres..? on parle d'hibou ou d'ET??? C'est une libellule que diable! Avec ses yeux écartés, ses ailes déploiées, son corps bien droit qui fini en forceps. Comme astérisme il n'y a pas plus clair me semble-t-il, Lafanet sera bien d'accord avec moi!

Une petite pause clope café avant d'entamer la suite.
Je descends devant la cabine à phare, tant pis la vision nocturne pour l'instant, la nuit sera définitivement longue. En plus faudra quand-même allumer dans l'appart car ça commence à cailler et je ne sais fourement pas où j'ai fourré mes gants fourrés ces enfourrés!
En descendant sur la terrasse je vois big Igor qui me fait un clin d'oculaire.
Ouais, passer un bout de temps avec p'tit Albert et Igor, prendre des notes...avec des gants?
Pas envie: "Sorry Igor, pas ce soir chou, mais attends, on va se faire une exploration planétaire ensemble!"

Café et clope, trouvé les gants, je remets la lentille intégrée de ce myope d'Igor, l'oculaire 6.5 et toutes voiles vers Mars. Pas trop de turbulence, pas mal du tout même!
Saturne sera pour la prochaine pause, je me ré-vue-nocturnise et ayant fait plaisir à Igor, je remonte prendre place dans le fauteuil de voyages célestes.
Passage derrière la cabine GSM. No probs man! L'escalade je connais, vertige, connais pas!
Avec la grâce et l'élégance d'une gazelle en rut, je sautille le long du gouffre rejoindre Biniou.

Récemment je m'étais mis à roder autour de la petite blonde toute mignonne: Alhena. Mais là aucun empire, Biniou décide et bifurque tout seul légèrement vers l'Ouest: l'épée d'Orion.
L'a raison le Biniou, c'est sublime, on ne s'en lasse pas, comme certaines musiques écoutées réécoutées et pour la enième fois redécouvertes et aimées.
J'admire la maître de l'hiver sous toutes les coutures, de gauche à droite, de haut en bas, en sens inverse, en diagonale et de façon aléatoire. Eh oui, avec les jumelles on peut voyager où bon se semble!
Question musique mon lecteur mp3 est passé sur le Miserere d'Allegri.
Pause flûte traversière, le derrière sur la cheminée (mais comment qu'il fait le Père Noël pour descendre par là, surtout avec un 150/1200 + Heq5?) le regard gagné sur l'infini d'Orion.
Oui, parfaitement: gagné!
Pourquoi dirais-je perdu?
"Il a le regard perdu sur l'infini", paroles de gens qui n'ont pas compris grand-chose dans la vie, qui ne savent pas rêver...on reviendra là dessus plus tard, si vous ne vous êtes pas endormis entre-temps.

Mes pensées vont vers les nouveaux, ils ne savent peut-être pas encore que l'astro est une drogue dure?
Dépendence, être accro, suffit parfois d'une petite dose et c'est fait.
Takaya par exemple qui frisera probablement l'overdose dès qu'elle aura son tuyau, Phi51 avec "la plus belle tache floue que j'ai jamais vue"...
Sachez qu'une fois accro, c'est pour la vie!
J'imagine la première vue sur Saturne......allez, trêve de rêves, j'y vais, aux jumelles d'abord, Sassa dans sa Crèche.
Un p'tit zoom sur la belle aux oreilles s'impose. Toujours le pied légér malgré le danger, je rejoins Igor et reste un bon bout de temps admirer ce joyau ciselé par un orfèvre joyeux.

Un (litre de) café et un (petit) caca dans le noir (pas difficile, suffit de prendre un peu plus de papier Q que d'habitude) plus tard, me revoilà installé dans le space seat.
Expérience: gros bino déjà bien placé devant les mirettes, fermer les yeux et tourner tourner tourner à en perdre le Nord, stop, ouverture des paupières: où suis-je? que vois-je? dans quel état j'erre?
Fort jovial mais pas évident du tout: rien, je n'ai strictement rien identifié, même après balayage de la zone.
Il me falait un coup d'oeil par dessus le bino pour repérer l'azimut. Plusieures tentatives: que dalle!
Eh bien j'en ai encore des tonnes de choses à apprendre!

A ce petit jeu de hasard je suis tombé sur une espèce d'énorme Albiréo. La distance entre les partenaires était nettement plus grande mais en regardant bien je voyais qu'il y avait un rejeton en dessous de sa môman: une minuscule orangée, non bleutée, je rectifie, blottie sous les jupes, le papa encore bleu d'émotion de l'accouchement tremblait un peu plus haut.
Voilà que mon imagination se met à inventer des histoires, à personnaliser les astres...
Oui, de telles belles nuitées sont le terreau idéal pour récolter des rêves encore plus beaux.
Il serait temps d'aller dormir.
Le matériel rentré, je me réchauffe avec un porto. Le sommeil ne viendra pas cette nuit.
Trop de café nuit! Quelle nuit? Le café fait dormir quand on en a pas.

Le sommeil, indispensable à l'organisme.
Le rêve paradoxal: partie du sommeil où l'on constate des REM (rapid eyes mouvements), une atonie musculaire, un rythme cardiaque et respiratoire irrégulier.
Comment tracer le fil d'un voyage effectué au royaume de Morphée? La logique onirique, tellement claire pendant le sommeil perd toute sa cohérence lors du réveil.
Les beaux rêves, les souvenirs s'estompent, s'évanouissent aussi vite que les fins nuages rosés du couchant.
Mais entre-temps ils ont caressé notre mémoire, qui au soir, désireux de les revivre, va essayer d'y retourner.

C'est possible, on appelle cela le "rêve lucide".

Pendant le sommeil paradoxal le cerveau est actif mais désynchronisé du corps.
Cette activité onirique peut devenir "contrôlable".
Du moment que l'on est "conscient" que c'est un rêve, on peut orienter, changer, diriger le rêve suivant ses envies, enfin, presque...

Pas facile mais faisable. Cela demande de l'entrainement et n'arrive pas tous les jours, mais une fois que c'est parti mes amis, quel bonheur!

Voyage Céleste, lieu de départ: oreiller.

Ce n'est pas comme si j'étais en train de regarder par l'oculaire. Ce n'est pas une pupille qui voit mais le corps entier qui perçoit.
Un corps affranchi de la pesanteur, de l'attraction des astres (merci Gainsbourg), libre.
Comme un poisson dans l'eau, un oiseau dans le ciel, l'équilibre des forces me permet de m'orienter où bon me semble. Les mouvements et l'envol se font sans effort, l'unique volontée ou désir suffisent à rejoindre la convoitise.
Ainsi j'ai voyagé à travers les constellations qui me sont bien connues, et d'autres d'invention maison, j'ai vu des merveilles que même Hubble ne serait pas capable de montrer: les images n'étaient pas fixes.
Ce que j'ai observé pour de vrai, des photos ou vues d'artistes, des associations d'idées...ces images se mélangent comme dans un kaleidoscope pour m'offrir des boîtes à bijoux, avec des couleurs changeantes, des formes et astérismes qui me font penser à de nouvelles merveilles que je visite aussitôt.
Les distances ne sont même pas une formalité: elles n'existent pas.
Je peux m'approcher, tourner autour et m'éloigner pour rejoindre Nicole Kidm...non Orion, l'épée d'Orion, non, trop phallique...euh...lèche lèche Gné?

Mes chats ont faim, ils me réveillent... un qui me lèche l'oreille et voilà l'autre qui m'éternue dans la figure!
Ooooouuuaah, baille, euh? Quelle heure est-il?
TUDJEU!

Patte.


05/08/2007
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